J’aime assembler des matériaux musicaux très divers, de manière à faire coexister, combiner et même s’affronter des styles et des sons complètement différents au sein d’une même pièce. La friction ainsi créée entre ces éléments contrastants peut générer des interconnexions inattendues et produire des textures qui n’auraient pas pu provenir d’un seul et même langage musical.
Je ne suis cependant pas le premier à adopter cette approche. Je m’inspire d’artistes musicaux tels que Charles Ives et Christian Marclay, mais aussi d’artistes issus des arts visuels – en particulier de la sculpture et des installations – un domaine où les objets retiennent leurs identités propres tout en contribuant à un ensemble plus vaste. Je cherche à créer une expérience similaire avec la musique, où des univers sonores distincts peuvent rester identifiables même quand ils sont assemblés au sein d’une composition unifiée.
Dans ces deux pièces pour orchestre et électronique, la partie orchestrale a été inspirée par mon amour pour les longues et languissantes mélodies des compositeurs issus de la période romantique, tels que Wagner ou Bruckner. La partie électronique quant à elle puise dans les bandes sonores au synthé pour jeux d’arcade, des chants d’oiseau de synthèse et des boîtes à rythmes. Plutôt que de se fondre en un seul style, ces univers musicaux pourraient ainsi interagir, se superposer et se transformer mutuellement.
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